Vœu relatif à l’extension des horaires des parcs et jardins par la mairie d’arrondissement

Déposé lors du conseil d’ardt du 5 nov 2018 par Philippe Durand, le voeu ci-dessous a été adopté, contrairement à l’affirmation en séance (et le souhait) du maire !

Considérant que “les impacts positifs médicaux et psycho-sociaux de l’accès à la nature en ville” ont été démontrés par de multiples chercheur.e.s à travers le monde,

Considérant qu’à titre d’exemple, l’Institut américain de santé environnementale et de médecine préventive a prouvé dans une étude de 2010 que des individus profitant d’espaces naturels ont des niveaux de pression artérielle et de cortisol (hormone du stress) bien inférieurs à des individus qui ne peuvent profiter d’espaces de nature ;

Considérant que le “droit à la nature” est un principe constitutionnel dans certains pays (ex. « allemansrätten » en Suède) ;

Considérant que le droit au repos est fondamental, et qu’il ne concerne pas uniquement la question salariale mais peut-être également entendu comme “l’état de quiétude où l’on ne ressent ni trouble, ni agitation” (source : Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) ;

Considérant que le silence est essentiel à la vie et la bonne croissance des espèces faunistiques comme les oiseaux durant leur période de nidification (cf. Etude de R.T. Buxton, sur la pollution sonore dans les espaces protégés, Revue Science, 2017), et que de nombreuses associations comme l’Association Objectifs Biodiversités ont alerté sur l’impact négatif des pollutions sonores engendrées par les activités humaines et notamment en ville ;  

Considérant qu’avec une densité supérieure à 20 000 habitants au km2, Paris est une des villes les plus denses d’Europe et aussi du monde, et que les espaces verts permettent aux habitant.e.s de respirer à tout moment de la journée ;         

Considérant que d’après une étude IPSOS de 2008, deux Français.es sur trois considèrent les dépenses des collectivités en matière de parcs et de jardins comme insuffisantes, ce qui témoigne de leur attachement à ce bien commun ;

Considérant qu’un “bien commun” est plus ou moins explicitement pris en compte ou défendu par le droit coutumier et/ou certains dispositifs réglementaires classiques et ne doit pas être un lieu assujetti aux intérêts particuliers ;

Considérant que le Plan Climat Air Energie voté à l’unanimité en Conseil de Paris témoigne de l’engagement fort de Paris pour faire une “ville résiliente qui veille à la qualité de son cadre de vie” en mettant la “biodiversité au service des Parisien.ne.s”, qui se “pense comme un écosystème” et qui “aligne ambitions et moyens” ;

Considérant qu’il existe 30 parcs et jardins (31 en comptant les Vignes) dans le 18e arrondissement et qu’ils ont tous des usages, des publics, des histoires et des patrimoines naturels singuliers ;

Considérant que les conseiller.e.s et maires d’arrondissement sont les élu.e.s qui connaissent le mieux les particularités de leurs espaces verts cités ci-avant ;

Considérant que la pédagogie et la meilleure connaissance / appréhension de son milieu permet des comportements plus vertueux et plus respectueux, et est un moyen essentiel de lutter contre les incivilités et les dégradations ;

Considérant que le dérèglement climatique entraîne des chaleurs de plus en plus importantes durant les mois précédents et antécédents la période estivale ;

Considérant que les espaces verts sont des lieux de rafraîchissement, de calme et de quiétude pour tou.te.s les Parisien.ne.s et les touristes ;

Considérant que certains espaces verts et notamment les squares ferment à 18h30 et qu’une forte part des actifs et d’étudiants ne sont pas en capacité de se rendre à ces parcs du fait d’horaires de travail ou de cours denses ;

Aussi, sur proposition de Philippe Durand, le Conseil d’Arrondissement du 18e émet le vœu que :

En ce qui concerne les horaires d’ouvertures des parcs et jardins :

     une prolongation des horaires d’ouverture en soirée des parcs, jardins et squares prenne place entre les périodes estivale et hivernale afin de s’adapter au mieux aux demandes des usager.e.s,   

     que cette prolongation d’horaires soit respectueuse des espèces faunistiques et floristiques de ces parcs,           

     que les moyens financiers nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de cette prolongation d’horaires soient alloués par la Ville de Paris afin de permettre que des agents effectuent leur travail de gardiennage, d’ouverture / fermeture des parcs et jardins dans de bonnes conditions,

     qu’une réflexion prenne place sur la création de plages horaires hebdomadaires dédiées à une déambulation silencieuse dans les parcs et jardins (là où cela est possible) pendant les “heures creuses”,

     ces aménagements d’horaires émanent du Maire d’arrondissement après une consultation efficace des riverain.e.s (ex. via les conseils de quartier).

 

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