Ré-équilibrer le projet Chapelle Charbon : l’amendement des écologistes

Suite à la modification du périmètre de la ZAC de Chapelle Charbon, Galla Bridier, Pascal Julien et les élu-es du Groupe Écologiste de Paris (GEP) ont déposé lors du Conseil de Paris des 25, 26 et 27 septembre 2017) un amendement demandant l’ajout de précisions pour ré-équilibrer le projet  (ci-dessous*).

Sa présentation par Galla Bridier, en introduction:
« Cette délibération semble au premier abord technique, car elle consiste en la séparation en deux d’une ZAC pour laquelle nous avons déjà voté il y a quelques mois. Il s’agit de la ZAC dîtes « Chapelle Charbon » qui devrait accueillir le « grand parc urbain » du 18e. Ce « grand parc urbain » sera l’espace vert principal et le terrain de jeu des milliers de nouveaux habitants des grands projets d’aménagement de Chapelle internationale, de la zone Hébert, du projet de Gare des mines ainsi que des habitants actuels de la ZAC Evangile et sûrement au delà.
Or, devant les incertitudes des négociations relatives au déménagement de l’hôtel d’entreprises CAP 18, il nous est demandé de privilégier la construction de ce parc urbain tant attendu en 2 phases afin de pouvoir livrer des premières aires de jeu et de respiration avant 2020. Nous n’avons évidemment rien contre cet objectif. Nous exprimons simplement des inquiétudes quant à la réalité de la faisabilité de ce « grand parc » à moyen terme compte tenu de toutes les contraintes : la réimplantation des entreprises de CAP 18 à d’autres endroits, le prix exigé par la Foncière des Régions pour la rupture du bail et le passage du CDG Express qui impactera fortement cet espace.

Aussi, avec l’amendement que nous vous proposons, nous souhaitons vous demander d’envisager un aménagement équilibré de cette nouvelle ZAC et une adaptation du nombre de logements au regard de la parcelle en attendant que la 2e partie puisse vraiment voir le jour. Nous pensons en effet que le nombre de logements prévus est trop important au regard des espaces libres récréatifs, surtout si au final la 2e partie sur CAP 18 ne se faisait pas. Car, si nous militons pour développer une offre de logement abordable à Paris, et sur cette parcelle également,  nous disons aussi qu’il faut absolument équilibrer les opérations d’aménagement afin qu’elles participent à un rééquilibrage en faveur des espaces verts, surtout dans les arrondissements déficitaires. Or, la programmation prévue sur cette ZAC, de 500 logements et 3 hectares de parc, va à rebours de cet objectif, car elle n’augmente pas au final le ratio en espaces verts par habitant de ce vaste ensemble de Paris Nord Est.
Il nous semble qu’à l’échelle de cette nouvelle parcelle réduite, cela irait dans le sens des orientations générales que nous partageons et autour desquelles nous nous sommes encore retrouvés hier, lors du débat sur la résilience de la Ville comme la lutte contre les îlots de chaleur et la désimperméabilisation des sols, mais plus généralement pour l’amélioration du cadre de vie de nos concitoyens avec un aménagement équilibré. »

*Considérant la délibération « 2016 DU 138 DEVE Lancement opérationnel du projet urbain et du grand parc public de Chapelle Charbon dans Paris Nord Est (18e). Détermination des objectifs poursuivis et des modalités de la concertation préalable en vue de la création d’une ZAC. Autorisation donnée à la Maire de Paris de prendre toute décision relative à la réalisation de cette opération, adoptée au Conseil de Paris des 13 et 14 juin 2016, relatif au lancement du projet urbain et du grand parc public de Chapelle Charbon – PNE (18e) » ;

Considérant les objectifs initiaux de ce programme inscrit dans cette délibération, consistant à utiliser 6 hectares appartenant au groupe SNCF, à travers un programme d’environ 500 logements autour d’une première partie du parc de 4,5 hectares dont 3 hectares pourraient être ouverts au public avant 2020, puis à l’aménagement du secteur de CAP 18, permettrait l’extension du parc jusqu’au cours d’Aubervilliers ainsi que des programmes mixtes logements/activités ;

Considérant le fait que les discussions avec CAP 18 semblent se heurter à des difficultés et empêchent pour l’heure d’arriver à un accord sur le foncier de la zone, remettant en question la possibilité qui était prévue de réaliser un espace vert de 6,5 hectares ;

Considérant, au vu de la pauvreté en espaces verts dont souffre Paris en général, le 18e, et ce secteur en particulier, la très forte attente chez les habitant-es suscitée par l’annonce de la création de ce grand parc ;

Considérant de plus le nombre de nouveaux habitant-es que la création de ces 500 nouveaux logements va générer, empêchant un véritable rattrapage quant au manque d’espaces verts existants ;

Considérant que, dans le cas du nouveau périmètre de la ZAC envisagée dans la présente délibération, la programmation prévue se retrouve de facto déséquilibrée, car la variante espace vert est modifiée de manière substantielle ;

Considérant de fait qu’il parait plus prudent, en attendant l’aboutissement des discussions menée avec CAP 18, de rééquilibrer la programmation, en adaptant le nombre de logements au prorata de la perte en espaces verts en l’état actuel des choses ;

Considérant le fait que cette seconde partie du grand parc prévu serait réalisée dans un horizon plus lointain, mais sans aucune certitude en termes calendaires, et aucune visibilité sur la réelle possibilité de trouver un accord avec CAP 18 ;

Considérant de fait que la réalisation de ce grand parc sur 6,5ha, comme cela était prévu dans la programmation initiale, peut être remise en question pendant de très longues années, alors que le reste de la programmation, elle, se fera, et que les habitant-es sont dans l’attente de sa réalisation totale ;

Considérant par ailleurs que la présente délibération oblitère le fait que le tracé du CDG Express est prévu sur la partie nord de la parcelle, soit sur l’emplacement prévu du parc, ce qui réduirait de fait sa superficie, et occasionnerait très probablement des nuisances ;

Considérant l’importance majeure pour notre municipalité de parvenir à livrer quoiqu’il en soit une première partie du parc, mais que cela doit se faire en assurant des équilibres habitats/emplois/espaces verts primordiaux pour les parisien-nes ;

Aussi, sur proposition de Galla Bridier, Pascal Julien, x et des élu-es du Groupe Ecologiste de Paris (GEP), la délibération 2017 DU 210 est amendée comme suit :

  • Après le paragraphe « L’absence d’accord sur le foncier de la zone d’activité CAP18 nous prive de la possibilité de sécuriser un bilan d’opération sur l’ensemble du périmètre dans les délais fixés par l’exécutif municipal. », rajouter :«  Dans ce cadre, afin d’assurer les équilibres habitats/espaces verts nécessaires à une meilleure résilience de la Ville, la programmation logement prévue initialement est adaptée au périmètre d’espaces verts sécurisé à ce jour, soit 3ha. »En conséquence, la mention des « 500 logements » au 2e paragraphe est supprimée, et revue en fonction des nouvelles caractéristiques de la ZAC proposée par la présente délibération.

L’amendement a été rejeté.

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