Intervention de Sandrine Mées à propos du marché parisien des panneaux publicitaires

Conseil d’ardt du 13 mars 2017
Les élus écologistes se prononceront contre la délibération sur le marché des panneaux publicitaires (DFA 23). En effet, le nouveau contrat entre la Ville de Paris et la société JC Decaux comporte en apparence quelques avancées, comme la fin des panneaux de 8 m2, et la dissociation du marché de la publicité de celui du système de vélos en libre-service.
En outre, le montant de la redevance versée par JC Decaux sera en hausse.
Cependant la diminution de la surface occupée par la publicité n’entraînera pas la diminution du volume de la publicité. L’ exposition aux messages publicitaires ne sera pas moindre qu’aujourd’hui, du fait de l’accroissement du nombre de panneaux numériques et connectés et de panneaux déroulants à défilement. Ce type de supports a pour effet d’exposer un même passant croisant un seul panneau à deux ou trois messages d’un seul coup, donc à voir autant de publicité, malgré la diminution du nombre de panneaux.
D’autant que la publicité lumineuse comporte de nombreux inconvénients:
– elle attire plus l’attention, donc elle est plus intrusive.
– un panneau entraîne des consommations d’électricité équivalentes annuellement à l’énergie nécessaire pour préparer les repas de 2 personnes pendant un an : un gaspillage qui va à l’encontre de la société de sobriété énergétique que nous voulons construire.
– les mobiliers numériques utilisent le réseau 4G pour la transmission des données, soit une source de pollution électromagnétique supplémentaire. Or Madame Markovic à insisté tout à l’heure sur la nécessaire maîtrise de nos émissions d’ ondes électromagnétiques.
Autre sujet de préoccupation : sur un même écran seront projetées alternativement de l’information commerciale et municipale, ce qui crée un risque de confusion dans l’esprit des passants, et qui pose la question suivante : les informations municipales seront-elles projetées sur des panneaux aussi visibles que l’affichage commercial ? (comment seront informé-es les Parisien-nes qui souhaitent boycotter la lecture des annonces publicitaires?)
Enfin, la lecture attentive du règlement local de publicité montre que ce contrat n’y est pas complètement conforme.
Pour conclure, ce contrat ne répond pas au souhait de nombreux-ses Parisiennes et Parisiens de voir diminuer la publicité, notamment lumineuse, sur l’espace public, pour des raisons environnementales et éthiques.
De plus en plus d’actions et de demandes de la société civile vont dans ce sens, en témoigne l’appel à idées de la RATP en novembre dernier, lors duquel la proposition d’un métro sans écrans publicitaires est arrivée largement en tête.
En témoigne aussi la ville de Grenoble qui privilégie l’affichage associatif et municipal, ainsi que l’expression artistique, afin que les déplacements de chacun-ne dans la ville soient davantage rythmés par un sentiment de sérénité et de partage que par des appels insistants à consommer.

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