Présentation de la délibération sur le gaspillage alimentaire (CA 17 10 16)

Chaque année, nous jetons 35.000 tonnes de nourriture emballées à Paris, soit 13.6 kg par parisien, soit deux fois plus qu’une ou un français.
Ces quelques chiffres doivent nous interpeller sur deux sujets :
Les plus précaires à Paris ont toujours autant de mal à se nourrir
– Alors que plus de la moitié de nos poubelles regorgent encore de ressources alimentaires comestibles potentiellement valorisables, sous quelque forme que ce soit.
C’est évidemment intolérable.

Face à ce constat, la ville de Paris a décidé de prendre les choses en main sur un sujet transverse.
C’est dans le cadre du budget participatif de 2015 que s’est inscrit un projet important voté par les Parisiens et visant à développer l’aide aux personnes en situation de précarité.
Ce cadre prévoit une enveloppe visant à intensifier l’aide aux plus démunis en lien avec la lutte contre le gaspillage alimentaire. Il restait à flécher l’attribution de ces ressources.
Et c’est grâce à un travail coordonné par la DAE à la croisée des délégations portées par Dominique VERSINI, Antoinette GUHL et Pauline VERON qu’un appel à projet a pu voir le jour afin de cibler au mieux les besoins des structures concernées qui font le lien à la fois avec les plus précaires et avec les plus forts émetteurs d’invendus alimentaires sur Paris.
Nous avons à Paris de très nombreux acteurs engagés dans la lutte contre la précarité et plus particulièrement dans l’aide à l’accès à l’alimentation.
Les restaurants solidaires des CASVP comme les associations et ONG accompagnent à la hauteur des moyens qui leurs sont alloués l’aide aux plus démunis.
Cette manne des invendus il faut aller la chercher, la collecter, la stocker, la transformer, la distribuer à ces différents acteurs sur les marchés alimentaires. Cela demande des moyens supplémentaires.
C’est ainsi toute l’ambition portée par cet appel à projet visant à attribuer une enveloppe globale de 509 200 euros de subvention d’investissement pour permettre à ces acteurs de s’équiper et d’amplifier la ramasse des invendus alimentaires sur les marchés ou auprès des commerçants.

Cette démarche est par ailleurs renforcée à la fois par le plan anti-gaspi que nous avons lancé en 2015 et qui vise à réduire de moitié d’ici 2025 le gaspillage alimentaire,
et par le pacte de lutte contre la grande exclusion qui vise à mieux lutter contre la précarité et la pauvreté et qui prévoit, outre l’ouverture de restaurants solidaires, toute une série d’actions visant à mieux structurer le déploiement de l’aide alimentaire à Paris.

Elle s’inscrit enfin dans le cadre de la loi GAROT qui impose aux moyennes et grandes surfaces de plus de 400m2 de proposer à une ou plusieurs associations la conclusion d’une convention pour la récupération des denrées alimentaires. Et s’applique à nos marchés alimentaires parisiens dans le cadre des nouvelles DSP que nous avons conclues.
28 candidatures ont ainsi été reçues, 18 projets ont été retenus et une enveloppe de 509 200 euros a été fléchée.

Cette délibération parisienne a donc vocation à accompagner plusieurs acteurs, dont certains du 18e. C’est notamment le cas du Secours Populaire, du Centre de soins et de prévention en addictologie (CSAPA Sleep In de la rue Pajol) géré par le groupe SOS Solidarités, des Restaurants du Cœur ou encore de l’association Vasconi Fraternity qui joue le rôle intermédiaires de collecte avec les associations d’aides alimentaire. Avec ces financements, les structures pourront se doter d’outils de collectes plus performants pour aller directement chercher les invendus pour mieux les redistribuer aux publics concernés.

Cette délibération intervient alors qu’hier la Ville organisait sur le parvis de l’Hôtel de Ville un grand brunch solidaire à l’occasion de la journée de lutte contre le gaspillage alimentaire, avec l’aide de grands chefs parisiens qui ont appris aux parisiens à cuisiner des invendus. Ces grands chefs se sont tous engagés à lutter contre le gaspillage dans leurs établissements ainsi que le groupe ELIOR qui gère un certain nombre de concessions de restauration sur Paris, notamment à vocation touristiques.

Vous dire enfin que dans le 18e, nous avons décidé d’anticiper les choses sur la collecte des invendus. Avec Afaf GABELOTAUD, Douchka MARKOVIC et Gilles MENEDES, nous allons rencontrer le  afin de faire le point sur cette collecte des invendus, désormais obligatoire.

Frédéric Badina

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