Présentation du Plan Climat Air Energie territorial par Douchka Markovic

Conseil d’ardt du 9 nov 2017:

A l’heure où la COP23 commence à Bonn pour concrétiser l’accord de Paris, l’ONU annonce ce que l’on savait déjà : les engagements de la COP21, qui reflétaient une prise de conscience internationale, ne sont pas atteignables au vu des engagements réels actuels des États.

Ces engagements couvrent à peine un tiers des réductions d’émissions nécessaires, soit un scénario nous menant à une augmentation de 3° des températures d’ici la fin du siècle, face au 1.5° degré maximum nécessaire.

Chaque année qui passe est du temps perdu. Il y a urgence à agir maintenant à un niveau local et global.

Records de chaleur, consommation de ressources au-delà de ce que la planète a la capacité de régénérer,  fonte des glaces, montée des eaux, accroissement des phénomènes météorologiques extrêmes, extinction massive de la biodiversité,  réchauffement des eaux et modification des courants, acidification des océans, risques sur l’agriculture, incendies, intensification des conflits armés et des déplacements de population…

Il n’y a plus de doute sur l’origine humaine du dérèglement climatique.

Nous devons entamer un changement majeur dans tous ces secteurs : agriculture, urbanisme,  logement, énergie, économie et emploi, finance, transports, gestion des déchets et place de la nature…

La transition passe par deux piliers:
– l’atténuation de notre impact sur le changement climatique, par la sobriété et l’efficacité de l’utilisation des ressources ;
– l’adaptation de nos territoires et de notre organisation

Paris est une ville qui s’engage dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Dès 2007, le conseil de Paris a adopté à l’unanimité un Plan aux objectifs forts : réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre et les consommations d’énergie et porter à 25% la part des énergies renouvelables et de récupération entre 2004 et 2020.

Il a ensuite été actualisé en 2012, puis complété par une Stratégie d’Adaptation du territoire en 2015.

Grâce à ces actions, en 10 ans, l’empreinte carbone du territoire a baissé de près de 10%, au travers par exemple d’un programme de rénovation thermique du patrimoine et de l’éclairage public, l’installation de 50 000m² de panneaux solaires, l’augmentation des produits alimentaires durables dans la restauration collective, une politique de reconquête de l’espace public et le développement des mobilités actives, ou encore la rénovation thermique de 36 000 logements.

A l’automne 2016 une large concertation a été lancée auprès de l’ensemble de la communauté parisienne.

Au total, ce sont plus de 500 propositions qui sont venues enrichir la réflexion fondée sur le bilan des 10 ans d’action de Paris en faveur du climat et l’étude prospective à horizon 2050 « Paris change d’ère ». Un comité consultatif d’experts représentant la variété des acteurs du territoire parisien a été spécialement réuni pour accompagner les réflexions de la Ville.

Conformément au Code l’environnement, le projet de Plan Climat Air Energie territorial vous est présenté une première fois, avant de faire l’objet d’une consultation publique en décembre et janvier, permettant de recueillir une nouvelle fois les avis des citoyens, ainsi que ceux de la Métropole du Grand Paris, de la Région et de l’État. Une nouvelle version, intégrant les avis de la consultation publique et des pouvoirs publics, vous sera présentée en début d’année 2018 en vue de son adoption définitive au printemps.

Le Nouveau Plan Climat de Paris a pour ambition de s’orienter vers une ville neutre en carbone et 100% énergies renouvelables en 2050, conformément aux engagements pris à l’occasion de la COP 21.

Les objectifs et actions du Nouveau Plan Climat de Paris sont organisés autour de trois grandes temporalités :
– Des actions d’accélération d’ici à 2020,
– Un Plan d’action à 2030,
– Une vision de Paris en 2050

Pour réduire de moitié la consommation énergétique de son territoire, la Ville de Paris travaillera en priorité à la rénovation des logements et la réduction des transports les plus carbonés. Voici quelques exemples de mesures et objectifs:
– Rénovation énergétique de 110 000 immeubles, soit 1 million de logements en 2050
– Zéro véhicule diesel en 2024 et 0 véhicule essence en 2030
– Généralisation de la collecte et valorisation des déchets alimentaires d’ici 2020
– Réduction de 50% de la part carnée des repas de la restauration collective d’ici 2050, et 90% d’alimentation durable
– Mise en place un fonds d’investissement pour la transition écologique
– Consacrer 20% des projets du BP à des projets impactant le climat
– Créer un dispositif local de compensation carbone
– Adapter le territoire aux changements climatiques déjà observables et aux risques qu’ils font encourir à la population, notamment ceux liés aux événements météorologiques extrêmes comme les canicules – en créant des ilots de fraicheur, ou les inondations – en favorisant l’infiltration de l’eau dans le sol.

L’atteinte de la neutralité carbone du territoire passe donc par un changement culturel global qu’il est nécessaire d’accompagner en impliquant l’ensemble de la communauté parisienne dans le nouveau Plan Climat.

Nous avons la chance d’avoir dans ce conseil d’arrondissement des représentants d’institutions nationales. Nous comptons sur vous pour agir. Les politiques nationales doivent accompagner ce mouvement, être en cohérence : accords commerciaux internationaux, politiques de transports ou agricole, exploitation des ressources minières et des énergies fossiles…

Et pour finir, je citerais ma collègue Léa Vasa, Adjointe au maire Développement Durable du 10e, car je me reconnais totalement dans sa déclaration :

Comment rapporter cette délibération sans dire un mot à l’attention de mon groupe politique ? Je fais partie de cette génération qui se reconnaît dans la définition de citoyen du monde, l’une des premières qui est victime des effets du dérèglement climatique. Et je veux dire ce soir que je suis fière d’appartenir au mouvement de l’écologie politique, je ne parle pas d’un parti mais d’un élan, et remercie celles et ceux qui ont porté, depuis des décennies, un constat et des solutions qui ne sont pas d’ordre moral mais répondent à une réalité scientifique et pragmatique. Je suis fière de cet héritage, des citoyen-es qui agissent chez eux ou en militant, des élu-es qui aujourd’hui au conseil de Paris portent des réformes majeures pour l’avenir de notre société et des générations futures à qui nous empruntons la planète. Transports, déchets, alimentation, solidarité, urbanisme… Le groupe écologiste porte avec les parisien-nes une ambition très forte pour transformer notre ville vers le meilleur et travaille à la gestion de toutes les compétences d’une grande métropole.

 

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