Gel de l’attribution de contrats aidés: prise de parole de Frédéric Badina

Explication de vote par Frédéric Badina pour le vœu de la majorité relatif aux baisses de crédits de l’État pour la politique de la Ville et à la baisse des contrats aidés lors du conseil d’arrondissement du 11 septembre 2017 :

« Avec un tiers des contrats aidés concerné, cette décision du gel de l’attribution de contrats aidés est catastrophique tant du point de vue de l’emploi que de la justice sociale.

En effet, la plupart des emplois aidés permettent à des structures de solidarité, environnementales, sportives, culturelles, à des collectivités locales, d’assumer des services utiles à la communauté.
Dans l’arrondissement, par exemple, la Maison Verte est directement concernée avec le non- renouvellement en décembre du contrat unique d’insertion (CUI) de sa coordinatrice sociale. En mars, une autre salariée en charge de la coordination et organisation de l’ensemble des activités de la MV avec des associations partenaires  sera concernée, à plus de 50 ans.

A Paris, nous attendons de voir quelle sera la baisse des dotations (ou l’augmentation de la péréquation ou encore la suppression de recettes propres comme la taxe d’habitation). Nous verrons comment arbitrer, sur chacune des délégations, en fonction du budget travaillé pour 2018. Il va falloir travailler sur un scénario mais serons nous en capacité de substituer à l’État, comme à la Région? Nous n’avons pas de réponse.

Car à l’arrêt de contrats aidés et de la baisse de crédits pour la Politique de la ville, s’ajoute la remise en cause des emplois tremplins par la Région et la fin du dispositif régional ARSIE (Aide Régionale aux Structures d’Insertion par l’Économie). Les structures se retrouvent exsangues entre le désengagement de l’État et celui de la Région.

Mais ce qui est sûr, c’est que nous allons devoir imaginer à Paris un dispositif de soutien sans quoi nombre de structures ne survivront pas.

Car les emplois dont nous parlons sont utiles et efficaces : ils entretiennent le lien social, la solidarité, l’accès à la culture, à l’éducation et au sport. Ils constituaient en outre un moyen de mettre en œuvre la transition écologique, objectif du ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot…

Contrairement à ce qui a été indiqué, le coût moyen d’un emploi aidé pour l’État se situe entre 7000 et 15 000 euros par an selon les secteurs.

À titre de comparaison, le CICE qui représente une perte de recette moyenne pour l’État d’environ 25 milliards d’euros par an depuis sa mise en service aurait permis de créer ou de maintenir entre 150 000 et 250 000 emplois selon les sources, soit un coût minimum de 100 000 euros par emploi créé ou sauvegardé. Le coût du CICE par emploi est donc 10 fois plus élevé que celui des emplois aidés.

En considérant qu’avec ces nouveaux chômeurs ou bénéficiaires du RSA, la collectivité ne fera aucune économie par la fin des emplois aidés, mais fragilisera en plus la situation professionnelle et personnelle de centaines de milliers de salariés du monde associatif d’utilité social, culturel, sportif ou environnemental.

Après les réductions drastiques des ressources allouées aux collectivités, c’est là un coup de massue supplémentaire bien inutile et même dangereux socialement.

En supprimant au cœur de l’été une large partie de ces emplois aidés, c’est toute la France des périphéries, des banlieues, des campagnes, des quartiers populaires, que l’on laisse orpheline de services, d’activités et que l’on appauvrit.

Comment donc le gouvernement compte-t-il prendre en charge les centaines de milliers de personnes qu’il vient de transformer en chômeurs, sans formation et sans débouchés, et ce sans la moindre concertation ?

Europe Écologie Les Verts a décidé d’agir en conséquence.

Outre le soutien à toute action collective qui pourrait émerger au sein de notre majorité parisienne, les élu-e-s écologistes d’Île-de-France et Damien Carême, maire de Grande Synthèse ont ainsi décidé de déposer un recours au Conseil d’État afin de faire suspendre la décision prise par l’État d’interrompre des contrats aidés.

Nous appelons au rassemblement à partir de 13 heures le 20 septembre place du Palais-Royal avant l’audience au Conseil d’État Europe Écologie Les Verts ainsi qu’à signer la pétition initiée par des actrices et acteurs de la solidarité« 

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