Voeu concernant la problématique des mineurs non-accompagnés dans le quartier de la Goutte d’Or

Le groupe s’est associé à ce vœu de la majorité lors du conseil du 27 nov 2017, en y apportant des amendements, notamment  sur la création de sites dédiés permettant un accueil permanent et la mise à l’abri des mineurs, et avec l’assurance que le travail sur le maintien de l’ordre ne serait pas un prétexte pour des opérations d’expulsion (cf commentaire de Galla Bridier).

Considérant l’arrivée de mineurs non accompagnés, pour certains marocains, dans le quartier de la Goutte d’Or, depuis décembre 2016,

Considérant les difficultés du square Bashung, occupé régulièrement par ces mineurs, occasionnant d’importantes nuisances et détournant la vocation première du square, lieu de détente et de jeux pour les riverains du quartier,

Considérant que dès les premiers signalements, le département de Paris, compétent dans le cadre de la Protection de l’Enfance, a initié une coordination opérationnelle regroupant tant les acteurs sociaux, médicaux, éducatifs et de la prévention spécialisée, permettant de mettre en place des dispositifs pour soigner, héberger et accueillir ces jeunes,

Considérant que les associations Hors la Rue et l’agence TAGA ont une maraude composée de travailleurs sociaux pour aller à la rencontre de ces jeunes et les amener vers les dispositifs de droit commun en matière de Protection de l’Enfance,

Considérant que le suivi social est mis en difficulté à cause de la consommation fréquente de produits stupéfiants et l’exploitation de certains d’entre eux par des réseaux criminels de recel ou de vente de drogue,

Considérant l’évolution du phénomène au printemps dernier, puis son aggravation au cours de l’été,

Considérant qu’à la demande du Maire du 18e la Ville de Paris a initié une rencontre le jeudi 7 septembre avec le Procureur de la République, M. François MOLINS, le Préfet de Police, M. Michel DELPUECH, et les représentants du consulat du Maroc afin de renforcer la palette des réponses pouvant être apportées pour aider et accompagner ces mineurs et majeurs non accompagnés,

Considérant que le phénomène s’est renforcé depuis septembre 2017 avec des arrivées et des départs hebdomadaires vers les autres pays européens et que d’autres villes en France sont également touchées malgré toutes les réponses apportées,

Considérant que le trafic de stupéfiant et le vol à l’arraché, dont les auteurs sont parfois ces jeunes non accompagnés, prennent de l’ampleur depuis quelques mois, ayant créé une situation alarmante et inédite dans un secteur connaissant déjà des difficultés,

Considérant que le commissariat du 18e arrondissement, très mobilisé face à l’ampleur du phénomène et à la multiplicité des problématiques dans l’arrondissement, ne semble pas disposer d’effectifs suffisants pour parvenir à apaiser durablement ce secteur,

Considérant les courriers envoyés par le maire du 18e arrondissement au Ministre de l’Intérieur le 12 octobre et à la Garde des Sceaux le 27 novembre, pour demander la mise en place d’un dispositif de sécurité adapté aux réalités de la Zone de Sécurité Prioritaire et ses difficultés croissantes,

Considérant que les renforts policiers déployés sur le sud de la Goutte d’Or en début d’année dans le cadre du plan « Barbès Respire » mis en place par le Préfet de Police, avaient montré leur efficacité en alternant une forte présence policière visible et des actions coup de poing ciblées,

Considérant que M. Éric Lejoindre, maire du 18e arrondissement et Mme Colombe Brossel, adjointe à la Maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à la sécurité, la prévention, aux quartiers populaires et à l’intégration, ont reçu des riverains et des associations de la Goutte d’Or pour leur présenter les actions de la Ville le mercredi 11 octobre, et qu’une nouvelle réunion publique est organisée le 6 décembre prochain à la Salle Saint Bruno,

Le Conseil d’arrondissement du 18e demande à la Préfecture de Police et aux services de la justice:

  • De poursuivre les contacts diplomatiques avec le Maroc pour retrouver les familles de ces jeunes et d’associer des associations marocaines spécialisées dans l’accompagnement d’enfant des rues
  • De renforcer les liens avec le Parquet des Mineurs pour qu’une réponse judiciaire adaptée au profil de ces jeunes soit mise en place systématiquement et rapidement
  • D’assurer le maintien au quotidien de l’ordre public dans le quartier

Le Conseil d’arrondissement du 18e demande à la maire de Paris :

  • De maintenir l’accompagnement social, psychologique et médical à l’attention de ces mineurs non accompagnés,
  • De soutenir la création de sites dédiés, notamment à Paris, permettant un accueil permanent et la mise à l’abri,
  • De soutenir et d’accompagner les actions des services techniques de la Ville de Paris afin de maintenir la bonne tenue des équipements municipaux.

 

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