Intervention contre l’application des dispositions visant au tri de migrant.e.s dans les centres d’hébergement d’urgence

Loïc Lorenzini est intervenu lors du conseil d’ardt du 22 janvier 2018 sur le tri des migrant.es dans les centres d’hébergement d’urgence**:

Les élu.es du groupe EELV votent pour le vœu du groupe PCF contre l’application des dispositions de la circulaire dite Collomb relative à la volonté du gouvernement de trier les personnes migrantes dans les centres d’hébergement d’urgence.

A bien des égards les dispositions prises par cette circulaire sont honteuses. Comment peut-on en arriver à stigmatiser des personnes dont le fait qu’il leur est reproché est d’avoir quitté leur pays dans l’espoir de construire pour eux et leurs enfants des conditions de vie meilleures.

La France ne serait pas ce qu’elle est si les autorités avaient dans le passé fait le tri entre les migrants et les réfugiés. Quel sinistre message nous envoyons à ces personnes mais également à nos enfants.

Rien n’empêchera les prochaines vagues migratoires, ni des murs, ni des circulaires.

Le courage en politique n’est pas de céder aux peurs, ou de vouloir aider une partie des réfugiés pour en précariser une autre, mais de construire des solutions d’espoirs et d’humanité.  Or, ce n’est pas le cas, et les migrants continuent à dormir dehors, sur les trottoirs.

Je voudrais ici rendre hommage aux citoyen.ne.s  qui spontanément aujourd’hui sont présents, en veille, prennent le risque d’être traduit en justice aux cols des Alpes entre la France et l’Italie pour éviter que nous nous réveillions, à la fonte des neiges, avec des morts sur la conscience.

**Le conseil d’arrondissement, demande :

Que la Ville de Paris interpelle, d’ici le 15 février 2018, le Président de la République, M. Emmanuel Macron, et chacun des Parlementaires de Paris dans le respect de la représentation politique :

– Pour demander le retrait immédiat de la circulaire du 12 décembre qui porte atteinte aux valeurs inaliénables de la République française, au droit international et afin d’éviter une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme qui déshonorerait la France ;
– Pour s’assurer que l’accueil inconditionnel soit préservé dans la future loi « asile et immigration », et dans la pratique ;
– Pour que l’Etat, quel que soit le degré de coopération des communes, ouvre de nouvelles places d’hébergement pour accueillir les personnes ayant fui leur pays pour chercher refuge en Europe et particulièrement en France ;

Que la Ville de Paris, dans le cas d’un maintien de la circulaire du 12 décembre qui porte atteinte aux valeurs inaliénables de la République française, s’engage fermement :
– Au respect des valeurs européennes et des droits humains dans notre capitale et assume son rôle de ville refuge ;
– En conséquence, à ne pas appliquer la circulaire du 12 décembre dans les centres d’hébergement relevant du Centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP)

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