La Région tourne le dos au développement de l’agriculture bio

Intervention de Philippe Durand lors du conseil d’ardt du 13 mars 2017, à l’occasion du vote d’une subvention régionale pour le volet d’agriculture urbaine sur le projet Chapelle International:

Le Conseil Régional Île-de-France a décidé mercredi 16 novembre de réduire drastiquement les financements attribués aux structures historiques d’accompagnement de l’agriculture biologique. Ainsi, les financements alloués par la région au Réseau AMAP Île-de-France ont diminué de 35 %, ceux alloués au Groupement des Agriculteurs Biologiques de 30 %, quand les subventions destinées à Terre de liens et à la couveuse d’activités agricoles les Champs des possibles sont tout simplement réduites à néant – toutes ses structures sont regroupées dans le pôle ABIOSOL. D’un autre côté, les financements pour l’agriculture biologique destinés aux chambres d’agriculture, pourtant rarement identifiées comme les avocats et les promoteurs de l’agriculture bio, augmentent de 318 %.

Cette décision, assez déconcertante, offre un paradoxe : ceux qui développent le bio voient leurs aides baisser, ceux qui ne le développent pas voient leurs aides être multipliées par trios. C’est assez incompréhensible. Et va à contre-courant de la demande des consommateurs.

Pourquoi réduire ces aides alors que l’agriculture biologique francilienne est supérieure à la moyenne nationale et qu’elle ne cesse d’augmenter (57 % des Franciliens déclarent acheter des produits bio au moins une fois par mois) ?

Par ailleurs, l’agriculture biologique constitue un véritable vivier d’emplois et une vraie opportunité de développement économique local. Avec près de 300 fermes engagées en mode de production biologique fin 2016, l’agriculture francilienne ne parvient que très partiellement à répondre à cette demande.

Ainsi, malgré un réel décollage ces dernières années, les surfaces cultivées en bio (2 %) restent bien inférieures à la moyenne nationale (6 %).

Donc au lieu de réduire les aides à son développement, il serait préférable d’avoir une autre politique de développement de cette agriculture. C’est bien pourquoi l’ensemble des partis politiques représentés au Conseil Régional (PS, EELV, Front de Gauche, Modem, UDI) ont formulé des réserves vis à vis de cette décision. Cette décision va à l’encontre des intérêts des consommateurs comme des agriculteurs qui veulent produire une alimentation saine et respectueuse des sols, de l’air, de l’eau, de la biodiversité et de la santé de tous.

Voir aussi: Le retour des élu-es EELV de la Région

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