Choisir entre humanisme et électoralisme
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(Tribune parue dans le M18 en septembre 2021)

Le retour des Talibans en Afghanistan et le retrait des troupes américaines exposent dangereusement les populations afghanes. Nous comptons déjà des dizaines de morts, des minorités ethniques ou religieuses, des artistes et intellectuel.les menacé.es ou exécuté·es, des femmes renonçant à leur accès à l’éducation, à exercer leur métier ou même, à se trouver dans l’espace public.

En réaction, le Président de la République veut nous « protéger de flux migratoires importants », et se repose sur « des assurances » reçues des Talibans que les Afghan.s seront officiellement autorisé.es à voyager. Pire encore, la Cour Nationale du Droit d’Asile laisse entendre que la prise de l’Afghanistan met fin à des conflits armés et donc à la protection à laquelle pourrait avoir droit les Afghanes et Afghans sur le sol français.

Le droit à l’asile n’est pas un principe que l’on peut manipuler au gré des ambitions électorales, c’est un droit fondamental que nous devons protéger et garantir. Ériger des murs n’empêche personne de les contourner lorsque sa survie est en jeu. Les crises climatiques, comme les conflits en cours, déplacent des millions de personnes, en majorité dans les pays voisins. Pour celles et ceux qui cherchent refuge en Europe, comme les maires écologistes de Lyon, Bordeaux, Grenoble, Besançon ou Poitiers, nous demandons l’accueil inconditionnel des Afghanes et Afghans qui arrivent en France.